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Sécuriser un VPS Linux : les 10 premières choses à faire

Votre VPS vient d’être livré ? Mises à jour, clés SSH, pare-feu, fail2ban, sauvegardes : voici les dix premières étapes pour sécuriser un VPS Linux, avec les commandes à utiliser.

Sécuriser un VPS Linux : les 10 premières choses à faire

Votre serveur privé virtuel vient d'être livré : vous avez une adresse IP, un accès root et un système Linux tout neuf. C'est le moment idéal pour poser des bases solides. Un VPS exposé sur Internet reçoit en effet des tentatives de connexion automatisées très peu de temps après sa mise en ligne : des robots testent en permanence des mots de passe courants sur toutes les adresses IP qu'ils trouvent.

Sécuriser un VPS Linux n'a rien de compliqué si l'on suit un ordre logique. Voici les dix premières choses à faire après la livraison, avec les commandes correspondantes pour Debian et Ubuntu, les distributions les plus répandues sur les VPS. Les principes restent les mêmes sur les autres distributions ; seules certaines commandes changent.

Schéma animé d’un VPS Linux protégé par des mises à jour, des clés SSH, un pare-feu et fail2ban qui bloquent les tentatives de connexion
Chaque couche de protection réduit la surface d’attaque de votre serveur.

Avant de commencer : deux précautions

  • Gardez toujours une session ouverte lorsque vous modifiez la configuration SSH ou le pare-feu. Testez la nouvelle configuration dans une deuxième fenêtre avant de fermer la première : c'est la meilleure assurance contre le blocage hors de votre propre serveur.
  • Repérez la console de secours proposée par votre hébergeur. Elle permet d'accéder au serveur même lorsque SSH ne répond plus.

Étapes 1 à 3 : mettre à jour et préparer le système

1. Mettre à jour le système

L'image installée par l'hébergeur peut dater de plusieurs semaines. Commencez par appliquer toutes les mises à jour disponibles :

apt update && apt upgrade -y

Si un nouveau noyau a été installé, redémarrez le serveur avec la commande reboot.

2. Créer un utilisateur d'administration

Travailler en permanence avec le compte root est risqué : la moindre erreur a des conséquences immédiates. Créez un utilisateur personnel et donnez-lui les droits d'administration via sudo :

adduser jean
usermod -aG sudo jean

Remplacez « jean » par le nom de votre choix et choisissez un mot de passe long et unique. Vous utiliserez désormais sudo pour les commandes d'administration.

3. Régler le nom d'hôte et le fuseau horaire

Un nom d'hôte explicite et une heure correcte facilitent la lecture des journaux, indispensable en cas d'incident :

sudo hostnamectl set-hostname srv1.exemple.cm
sudo timedatectl set-timezone Africa/Douala

Étapes 4 et 5 : sécuriser l'accès SSH

4. Se connecter avec une clé SSH

Une clé SSH est bien plus robuste qu'un mot de passe. Les outils utilisés ici font partie d'OpenSSH, installé sur la quasi-totalité des serveurs Linux. Sur votre ordinateur, générez une paire de clés, puis copiez la clé publique sur le serveur :

ssh-keygen -t ed25519 -C "jean@ordinateur"
ssh-copy-id jean@ADRESSE_IP_DU_VPS

Protégez votre clé privée par une phrase de passe et ne la partagez jamais. Vérifiez ensuite que la connexion par clé fonctionne avec ssh jean@ADRESSE_IP_DU_VPS.

5. Interdire la connexion root et les mots de passe

Une fois la connexion par clé validée, éditez le fichier /etc/ssh/sshd_config et assurez-vous que ces deux lignes sont présentes et non commentées :

PermitRootLogin no
PasswordAuthentication no

Vérifiez la syntaxe de la configuration, puis redémarrez le service :

sudo sshd -t
sudo systemctl restart ssh

Sur certaines distributions, le service s'appelle sshd. Ouvrez une nouvelle connexion pour confirmer que tout fonctionne avant de fermer votre session actuelle.

Check-list des 10 premières étapes pour sécuriser un VPS Linux après sa livraison
Les dix étapes à cocher dès la livraison de votre VPS.

Étapes 6 et 7 : pare-feu et protection contre la force brute

6. Activer un pare-feu

Le principe est simple : tout bloquer en entrée, sauf les services réellement utilisés. Avec UFW, autorisez SSH avant d'activer le pare-feu :

sudo apt install ufw
sudo ufw default deny incoming
sudo ufw default allow outgoing
sudo ufw allow OpenSSH
sudo ufw allow 80/tcp
sudo ufw allow 443/tcp
sudo ufw enable
sudo ufw status verbose

N'ouvrez les ports 80 et 443 que si le serveur héberge un site web. Pour vérifier quels services écoutent réellement, utilisez sudo ss -tulpn.

7. Installer fail2ban

Fail2ban surveille les journaux et bannit temporairement les adresses IP qui accumulent les échecs de connexion :

sudo apt install fail2ban
sudo systemctl enable --now fail2ban
sudo fail2ban-client status sshd

Pour ajuster le comportement, créez un fichier /etc/fail2ban/jail.local plutôt que de modifier les fichiers d'origine, qui peuvent être remplacés lors des mises à jour.

Étapes 8 à 10 : automatiser, sauvegarder, surveiller

8. Activer les mises à jour de sécurité automatiques

Les failles sont corrigées régulièrement ; encore faut-il installer les correctifs. Sur Debian et Ubuntu, le paquet unattended-upgrades applique automatiquement les mises à jour de sécurité :

sudo apt install unattended-upgrades
sudo dpkg-reconfigure --priority=low unattended-upgrades

9. Mettre en place des sauvegardes

La sécurité ne consiste pas seulement à empêcher les intrusions : il faut aussi pouvoir repartir après un incident, une erreur de manipulation ou une panne. Combinez des instantanés du serveur avec une copie régulière de vos données (fichiers, bases de données, configurations) vers un stockage situé ailleurs. Et surtout, testez la restauration : une sauvegarde jamais restaurée reste une hypothèse. Notre article sur la règle du 3-2-1 pour les sauvegardes détaille une méthode simple et fiable.

10. Surveiller le serveur

Mettez en place une surveillance externe de la disponibilité de vos services, et prenez l'habitude de contrôler régulièrement quelques indicateurs :

  • l'espace disque avec df -h et la mémoire avec free -h ;
  • les dernières connexions avec last ;
  • les journaux du service SSH avec sudo journalctl -u ssh ;
  • les ports ouverts avec sudo ss -tulpn.

Sécuriser un VPS Linux : récapitulatif des dix étapes

ÉtapeObjectifOutil ou commande
1. Mises à jourCorriger les failles connuesapt update, apt upgrade
2. Utilisateur sudoNe plus travailler en rootadduser, usermod
3. Nom d'hôte et heureDes journaux lisibleshostnamectl, timedatectl
4. Clés SSHUne authentification robustessh-keygen, ssh-copy-id
5. Configuration SSHFermer les accès les plus viséssshd_config
6. Pare-feuN'exposer que l'utileufw
7. Anti force bruteBloquer les attaques répétéesfail2ban
8. Mises à jour automatiquesRester protégé dans la duréeunattended-upgrades
9. SauvegardesPouvoir tout restaurerInstantanés et copie externe
10. SurveillanceDétecter vite les problèmesSupervision externe, journaux

Questions fréquentes

Faut-il changer le port SSH ?

Changer le port réduit le bruit dans les journaux, mais ne remplace en rien les clés SSH et la désactivation des mots de passe. Si vous le faites, autorisez le nouveau port dans le pare-feu avant de redémarrer SSH.

Ces commandes fonctionnent-elles sur AlmaLinux ou Rocky Linux ?

Les principes sont identiques, mais les outils diffèrent : dnf remplace apt, le groupe d'administration s'appelle wheel et le pare-feu se gère généralement avec firewalld.

Je me suis bloqué hors de mon serveur, que faire ?

Utilisez la console de secours de votre hébergeur pour corriger la configuration SSH ou les règles du pare-feu. Si vous n'y parvenez pas, contactez le support avec un maximum de détails sur la dernière modification effectuée.

Un VPS non géré est-il adapté à mon entreprise ?

Oui si une personne de votre équipe maîtrise l'administration Linux et peut y consacrer du temps. Sinon, une offre d'infogérance vous évite de porter seul la sécurité et les mises à jour. Pour comparer les formules, consultez notre guide hébergement mutualisé, VPS ou serveur dédié.

Un VPS sûr dès le premier jour

Ces dix étapes sont rapides à mettre en place et vous protègent efficacement contre les attaques automatisées les plus courantes. Pour démarrer sur de bonnes bases, découvrez nos VPS Linux, et si vous préférez déléguer la sécurité, les mises à jour et la surveillance, notre service d'infogérance prend le relais. Pour aller plus loin, la documentation officielle d'Ubuntu Server couvre chaque outil en détail. Une question technique ? Contactez notre équipe.

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